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Liam et Noel Gallagher à Tokyo en octobre 2025.

© Disney+

Léa Bitton 08/10/2026 à 20:12, Mis à jour le 08/10/2026 à 20:14

Le documentaire « Oasis: Don't Look Back in Anger » crée par Steven Knight et réalisé par Dylan Southern et Will Lovelace retrace les retrouvailles des frères Liam et Noel Gallagher. Nous les avons rencontrés à Venise.

Paris Match. Comment ce projet de documentaire est arrivé entre vos mains ?

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Steven Knight. J'ai réalisé le clip de « One Of Us » pour Liam, un de ses titres solo, et on s'était très bien entendus. Un jour, j'ai reçu un texto de Debbie Gwyther [la compagne de Liam, ndlr] me disant : « Je sais que tu es occupé, mais est-ce que ça te dirait de participer à la réalisation d'un film de leurs retrouvailles ? » Ça a été un choc, d'autant que je n'avais jamais fait ce genre de long-métrage. Puis j'ai rencontré les frères séparément et je leur ai expliqué que je voulais vraiment aller plus loin qu'un simple documentaire.

Dylan Southern. Avec Will Lovelace, on ne nous a pas tout de suite dit de quoi il s'agissait. On était très perplexes. Mais dès qu'on a su qu'il s'agissait du retour d'Oasis, c'était impossible de dire non.

Quand le tournage a-t-il commencé ?

Will Lovelace. Le premier jour des répétitions, en mai 2025. On ne voulait pas que Liam et Noel nous voient. Nous avons installé une dizaine de caméras dans la salle et on s'est cachés derrière un mur. Nous voulions que leurs retrouvailles restent authentiques, sans qu'ils n'aient personne sur leur dos. Il n'y a eu pas d'accolades, ni de high-five. Mais quand ils se regardent et rient pour la première fois, on se dit : ça y est, ça va se faire !

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« Tout le monde s'est déjà fâché avec quelqu'un »

On a le sentiment que Noel était très nerveux au début des répétitions.

Dylan Southern. Il a été le plus difficile à convaincre. La presse l'a raconté pendant quinze ans : Liam voulait qu'Oasis se reforme, Noel était le plus réticent. Mais la tension existait des deux côtés, c'est juste qu'ils l'exprimaient différemment.

Will Lovelace. Compte tenu des enjeux d'une tournée mondiale, ça aurait été tendu même s'ils s'entendaient bien. Mais ne pas s'être vus pendant quinze ans ajoutait une couche supplémentaire. Toute une relation est à reconstruire. C'était assez stressant à observer.

Dylan Southern. Et c'est ce qui a rendu le film intéressant à faire. Tout le monde a une famille, tout le monde s'est déjà fâché avec quelqu'un. C'était ça notre accroche. Cette réconciliation était nécessaire pour le public.

Qu'est-ce qui vous a frappé chez Liam ?

Dylan Southern. Il s'est préparé comme un boxeur le ferait avant un combat : pas d'alcool, pas de cigarettes, hyper concentré et en grande forme, avec l'obsession de ne pas tout gâcher. Il explique dans le film que tout le monde s'attend à ce qu'il fasse tout foirer.

Will Lovelace. Il y a des moments que le public n'a pas vus mais que nous avons gardés, notamment lorsque Liam dit : « On est de retour ». On le voit ravi que ça se soit réellement produit.

Dylan Southern. Ils voulaient que ce soient les meilleurs concerts d'Oasis de tous les temps. L'attention mondiale était énorme, tout le monde avait un avis sur eux, donc ils avaient quelque chose à prouver.

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Liam et Noel Gallagher sur scène, à Londres, en 2025.

© Disney+

Quand les avez-vous rencontré à deux pour la première fois ?

Steven Knight. Pour filmer l'entretien dans le pub. Je ne suis pas intervieweur, donc on a simplement parlé de la vie. Tout ce qu'ils disent pourrait être imprimé sur un t-shirt, tellement c'est drôle et fin. J'ai quatre frères et deux sœurs, je sais tout des ruptures familiales et des retrouvailles. Ce qu'on voit dans le film, ce sont deux personnes prêtes à se retrouver, deux hommes qui ont mûri.

Dylan Southern. Avant l'interview, on se demandait : vont-ils se battre ? Vont-ils s'asseoir pour s'excuser du passé ? Évidemment, ils n'ont rien fait de tout ça ! Les Anglais ne parlent pas de leurs émotions.

« Dès Cardiff, on a su que ça ne serait pas une tournée ordinaire »

Pourquoi y a-t-il si peu d'images d'eux en coulisses ?

Steven Knight. Parce que je voulais qu'on perçoive ce que le public voyait depuis la scène, et qu'on suive l'évolution de leur relation.

Will Lovelace. On reprenait le tournage dès qu'ils se retrouvaient sur le chemin de la scène.

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La foule en délire pour Oasis.

© Disney+

Le film montre que le phénomène Oasis est de retour en Angleterre et partout dans le monde. Aviez-vous conscience de cette ampleur ?

Steven Knight. Noel m'a dit qu'ils ne s'attendaient pas à une telle réaction à l'annonce de leur retour. Ils savaient que leurs fans réagiraient, mais le nombre de gens qui voulaient acheter des billets montrait que ça dépassait leur génération. De nouvelles générations ont découvert la musique d'Oasis par elles-mêmes. À Cardiff, ils se sont mis à jouer, et tout le monde a pleuré : des hommes, des Anglais qui ne pleurent jamais... Des pères et des fils se serraient dans les bras. Des gens de la classe ouvrière montraient leurs émotions les plus profondes.

Dylan Southern. On pensait trouver un public plus âgé, nostalgique, voulant revivre sa jeunesse. Mais sur place, il y avait parfois trois générations de familles : un père qui avait transmis la musique à son fils, qui l'avait lui-même transmise à ses enfants. En Corée du Sud, il n'y avait pas une seule personne de plus de trente ans dans le stade.

Will Lovelace. Je trouve extraordinaire que des gens qui n'étaient pas nés dans les années 90 connaissent les paroles de chaque chanson. Et pas seulement les plus célèbres : tout le set de deux heures.

Pourquoi Liam et Noel se sont-ils réconciliés ?

Dylan Southern. Suffisamment de temps était passé. Les enfants qui approchent de l'âge adulte, ça adoucit les choses.

Peuvent-ils, d'après vous, enregistrer un nouveau disque ensemble ?

Will Lovelace. Qui sait ? La chimie est là, sans aucun doute. Tous les doutes que le public pouvait avoir ont disparu à l'instant où on les a vus côte à côte, derrière le rideau à Cardiff avant le premier concert. Nouvelle musique ou pas, je n'en ai aucune idée, mais cette magie est toujours là.

« Ce genre de communion collective n'arrive pas si souvent »

Leurs enfants ne s'étaient jamais rencontrés avant la tournée, et ils sont devenus une famille.

Will Lovelace. Ça montre à quel point ils s'étaient éloignés...

Steven Knight. « Famille » peut vouloir dire beaucoup de choses. Mais ce qui me semble le plus intéressant, après avoir montré le film plusieurs fois, c'est que tout le monde a déjà eu une brouille dans sa vie. On a tous quelqu'un à qui on ne parle plus depuis longtemps et dont on se demande ce qu'il devient. À la fin du film, les gens se disent : « Je devrais l'appeler ou lui envoyer un message. » Si c'est le résultat, j'en suis très heureux.

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Liam Gallagher sur scène.

© Disney+

Quel est votre meilleur souvenir de cette expérience ?

Steven Knight. Voir Liam entrer en répétition, c'était stupéfiant, parce qu'il ne s'est strictement rien passé. Ça aurait été exactement comme ça avec mes frères. [Il rit.]

Dylan Southern. Être dans la foule et sentir que les gens avaient vraiment besoin de ce moment, c'est difficile à décrire. J'avais une caméra et j'ai essayé de filmer à chaque concert pour être au milieu de tout. Se tenir au milieu de 90 000 personnes et ressentir leurs émotions, c'était incroyable. Dans l'époque qu'on traverse, ce genre de communion collective n'arrive plus si souvent.

Sont-ils les seuls au monde capables de faire pleurer les Anglais ?

Dylan Southern. Les footballeurs, peut-être ? Mais pas toujours pour les mêmes raisons. [Il rit.]

« Oasis: Don't Look Back in Anger » sera disponible le 9 octobre 2026 sur Disney +.