"Sea, Pop and Sun" : à la villa Carmignac de Porquerolles (Var), le pop art sous un angle nouveau
Sur l'île de Porquerolles, la villa Carmignac, installée au milieu d'un étonnant jardin de sculptures, met cette année à l'honneur le pop art, en abordant les liens qu'il a tissé avec les paysages, le tourisme et l'image des vacances dasn ml'expo "Sea, pop and sun".
Quand on entre dans cette villa méditerranéenne, on se retrouve face à une œuvre de Warhol qui surprend tant elle tranche avec ce qu'on croit connaître du peintre. Kevin Le Squer est responsable de la collection de la Fondation Carmignac. "On arrive certainement avec l'idée, 'une expo pop art, je connais, j'ai vu', et on arrive sur quelque chose de beaucoup plus doux. On est sur Andy Warhol, mais on est sur des paysages qui sont presque vaporeux, c'est quelque chose de très romantique, le coucher de soleil, et on ne s'attend pas à ça."
L'expo explore des aspects méconnus du pop art, moins orientés vers le portrait, les produits de consommation que vers les paysages, et quelque chose de l'ordre de la carte postale avec, comme souvent dans ses œuvres, un revers plus sombre. Il y a un peu l'idée du paradis et du paradis perdu. Elle se nourrit d'un grand souffle de liberté des années 60-70 et en prend un motif qui marche très bien chez nous, les vacances, l'île, le soleil, la mer, et en même temps, est-ce qu'on consomme ces lieux comme on les consommait dans les années 60 ? Peut-être pas, et derrière toute cette couleur et ce côté très positif, certaines œuvres nous amènent une lecture qui est plus critique.
Inspirée par le lieu où elle se trouve, l'expo répond en quelque sorte à la volonté de bâtir ici, sur une île qui est une réserve naturelle, une collection d'art. Charles Carmignac dirige le lieu : "Il y a une résonance avec la force des paysages naturels de l'île de Porquerolles. On a des paysages de mer qui sont très vibrants, d'Eurelisteinstein, avec des combinaisons de couleurs qui sont magnifiques, donc il y a vraiment un lien comme ça direct avec l'énergie de l'île." Et l'on peut ainsi se balader dans le parc qui entoure la villa et qui à lui seul vaut le détour.
Ici on prend un bateau et donc on s'éloigne du continent. On fait une traversée qui dure une quinzaine de minutes, on arrive ici, on a l'esprit assez prêt et réceptif à accueillir des nouvelles idées, des émotions, des pensées nouvelles. On y rencontre des œuvres qui surgissent de la végétation, surprennent, amusent, parfois effraient et consolident le contact que l'on a avec la nature. Un équilibre entre végétation et art qui nécessite un certain entretien, souligne Max, l'un des jardiniers du parc. Ça va être un travail assez subtil, de la taille mais très légère, pour faire juste apparaître les œuvres ou des morceaux d'œuvres. Ça va être une osmose justement entre tout ça, du plaisir à venir justement trouver le petit détail qui fait que le visiteur ne verra pas ce petit détail, mais qui est hyper important pour le visuel des œuvres.
Un lieu hors du temps qui appelle à la méditation et joue avec ses codes. Une fois passé le seuil de la villa, l'expo se visite en musique et les pieds nus.