On parle souvent du climat en regardant le ciel. Mais la clé du dérèglement climatique se cache ailleurs : dans les océans. "L’océan absorbe environ 90% de l’excès de chaleur dans l’atmosphère" explique Estelle Obligis, responsable des opérations marines chez EUMETSAT, l’organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques. "Donc surveiller l’océan, mesurer ses principales variables, c’est vraiment le meilleur moyen de suivre l’impact du changement climatique". Et les signes de ce dérèglement sont déjà visibles. Les températures de surface de la mer augmentent, donnant naissance à des phénomènes de plus en plus fréquents : les canicules marines. "Elles sont de plus en plus courantes, de plus en plus fortes dans les eaux européennes, dans la mer Méditerranée par exemple" indique Estelle Obligis.

La force de la continuité

Si ce satellite fabriqué par l’entreprise Thales Alenia Space à Cannes ne promet pas de nouvelles mesures spectaculaires, sa force réside dans la continuité : mesurer les mêmes paramètres – température de surface, niveau de la mer, vagues, vents – avec la même précision, sur plusieurs décennies. Ce suivi dans la durée permet de détecter des tendances fines et d’évaluer avec rigueur l’évolution du changement climatique. Sentinel-3C contribuera notamment à une estimation précise de l’élévation du niveau des mers, "pas seulement au niveau global, mais aussi sur le plan régional, le long de toutes les côtes du monde" précise la responsable.

Des données cruciales pour la météo et la sécurité des populations

Au-delà du suivi climatique, les données collectées par Sentinel-3C ont des applications directes et concrètes. La température de surface de l’océan, par exemple, joue un rôle central dans les modèles de prévision météorologique. "Cette température de surface est un élément clé pour la bonne prévision du temps. On en a absolument besoin".

Ces informations permettent également d’anticiper des événements extrêmes potentiellement dévastateurs. "Avoir une bonne estimation de la température de surface de l’océan, ça permet de savoir quand un cyclone potentiellement va émerger, comment il va évoluer et de prédire sa trajectoire", explique Estelle Obligis. Surveiller les océans, ce n’est donc pas seulement regarder la planète changer, c’est se donner les moyens d’agir plus tôt et plus justement.

>> Retrouvez le reportage " Satellite – Sentinel-3C : comprendre le climat grâce aux océans " ci-dessus ou dans l’émission "Quel Temps pour la Planète" de ce vendredi 10 juillet 2026 sur RTBF Auvio.